SALIF

Salif Koné a 8 ans et habite Bamako. En 2012, il est scolarisé en 3ème année (CE2) et parle donc le français. Il a trois sœurs. Son père est photographe ambulant.

Salif est né avec un hypospadias, malformation urinaire d’origine génétique pour laquelle la chirurgie est indispensable dès le jeune âge. L’intervention est techniquement très délicate et les médecins maliens n’ont pas suffisamment de pratique.

Lors de la mission médicale à Bamako, l’opération de Salif était programmée pour le Jeudi 22 Mars, et l’enfant était déjà rentré à l’hôpital Gabriel Touré….au moment du déclenchement du coup d’état du 21 Mars. Les blocs opératoires étant demeurés fermés jusqu’à notre retour en France, Salif a dû rentrer chez lui, alors que son père, après avoir sollicité la famille, avait déjà acheté les médicaments, pansements, etc…pour l’opération, comme c’est, hélas, la règle au Mali.

Dès le retour, et après concertation avec son père, « Les Cerfs-volants de Goulven » ont donc décidé d’organiser la venue de l’enfant en France pour être opéré à la Clinique Saint-Michel à Quimper, par les Drs. Yves Coadou et Frédéric Renault. C’est ainsi, grâce notamment à la prise en charge du voyage aérien par le Partenariat Humanitaire d’Air France, que Salif est arrivé à l’aéroport de Guipavas le 1er Octobre dernier, accompagné de son petit compatriote Ibrahim, et de notre correspondant, le Dr.Moumine Diarra.

 Arrivée à Guipavas 01-10-2012

L’opération a eu lieu le 4 octobre, et tout s’est dans un premier temps bien passé. Salif, ayant un bon état de santé général, a pu rentrer dans sa famille d’accueil après quatre jours en Clinique. Mais des problèmes de cicatrisation sont rapidement apparus, de nature à compromettre le résultat de l’intervention, et la correction même de la malformation initiale. Salif a donc été opéré une seconde fois sous anesthésie générale…. moins d’une semaine avant son retour à Bamako. Cette fois, la technique opératoire appliquée a permis une bonne cicatrisation. Le Dr.M. Diarra assure à Bamako la surveillance post-opératoire.

                                   Salif dans sa famille d'accueil - 1 Salif dans sa famille d'accueil - 2

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Décembre 2013

Le Dr. Moumine Diarra assure à Bamako la surveillance post-opératoire de Salif. Au printemps 2014, au retour de son stage en France, il doit pratiquer une intervention complémentaire sur l’enfant, destinée notamment à résorber une hernie inguinale apparue depuis.

Sur le plan scolaire, Salif est toujours un élève brillant.

 

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Octobre 2014

05.10.2014 - Salif et ses soeurs à la fête de TabaskiSalif et ses soeurs à la fête de Tabaski.

 

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IBRAHIM

                                                   Ibrahim et son père en consultation à Bamako

Ibrahim TOURE a 9 ans. Il vit à Bamako, où son père est imam dans une petite mosquée ; il a 2 frères et 3 sœurs. Compte tenu de sa pathologie, il n’a quasiment pas été scolarisé, et, en arrivant en France, il avait donc le français seulement un peu « dans l’oreille ».

L’histoire médicale d’Ibrahim est en effet déjà longue, et bien lourde pour un garçonnet de 9 ans. En 2007, il a été renversé par une voiture dans une rue de Bamako. Outre une fracture du bassin qui s’est consolidée avec le temps, il en est résulté une rupture de l’urètre, entrainant une impossibilité totale d’uriner. Et, après avoir été opéré en vain plusieurs fois, Ibrahim vivait depuis cinq ans avec une sonde sus-pubienne permanente, et une poche externe dans un sac en plastique…

Le cas d’Ibrahim est à l’origine de l’organisation de la mission médicale de Mars dernier. Il a été opéré à Bamako, le 20 mars, par les Drs. Y. Coadou et F.Renault, et pendant quelques jours, l’enfant a retrouvé une fonction urinaire normale .Mais cela n’a hélas pas duré ; rapidement, il a fallu réinstaller sonde et poche, et une nouvelle intervention s’est avérée nécessaire. Ce geste ne pouvant être réalisé avec succès à Bamako, le petit Ibrahim a donc lui aussi fait partie du transfert en France, en compagnie de Salif, au mois d’Octobre dernier.

L’opération, qui a eu lieu également le 4 Octobre, a été longue et très difficile, compliquée par la présence ,depuis l’accident, d’un cal osseux dans le bassin. Malgré tout, les contrôles réalisés ensuite par imagerie médicale ont montré que la trajectoire de l’urètre a été rétablie. Ibrahim a donc lui aussi quitté la Clinique au bout de quatre jours….pour revenir, 48 Heures après, au Service de Pédiatrie du Centre Hospitalier de Cornouaille à Quimper, victime d’une impressionnante crise de paludisme ! Plus de peur que de mal, celle-ci a été rapidement jugulée par antibiothérapie.

La convalescence d’Ibrahim a ensuite été marquée par une transformation spectaculaire de son comportement. Autant cet enfant, par ailleurs d’une extrême gentillesse, était triste et silencieux à son arrivée, autant il s’est ensuite montré rieur, curieux et heureux de tout, faisant preuve d’un talent comique assez exceptionnel.

 Ibrahim a retrouvé le sourire Ibrahim dans sa famille d'accueil - 1 Ibrahim dans sa famille d'accueil-2

Malheureusement, la cystographie de contrôle pratiquée à l’Hôpital du Mali, depuis le retour à Bamako, montre que, malgré tous nos espoirs, Ibrahim présente toujours une sténose de l’urètre.

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22 juillet 2013

Selon les termes du Pr.B. Frémond, qui a opéré Aîssata, « Le cas de cet enfant est extraordinairement complexe… Et le resterait même s'il s'agissait d'un jeune français… La situation actuelle semble stable, mais elle impose une surveillance clinique et échographique…. Si tout va bien cliniquement, il me semble souhaitable, si c'est possible, de vérifier les reins par échographie tous les ans. ». Toute nouvelle intervention s’avérant plus dangereuse que bénéfique, nous gardons Ibrahim sous surveillance régulière et envoyons pour lui au Dr.Moumine Diarra des sondes de qualité que l’on ne trouve pas au Mali. Dans la journée, Ibrahim n’a pas de poche et utilise, pour vider sa vessie, un petit « robinet » placé en externe au bout du tuyau de sonde. De simples « scratchs », que nous envoyons également, permettent de fixer l’ensemble à la jambe et de tout dissimuler à l’intérieur du pantalon . Ceci permet à Ibrahim de garder la qualité de vie quotidienne qu’il a connue en France où, selon les mots même de son père, « il a retrouvé gout à la vie ». Et surtout, il va maintenant normalement à l’école et joue avec ses copains. Il a terminé l’année scolaire troisième de sa classe…

IbrahimIbrahim et Dr. Moumine DiarraIbrahim et son père

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juillet 2014

bulletin d'Ibrahim 2013-2014En 2012, Ibrahim était presque illettré… Ci-contre son bilan annuel pour l'année scolaire 2013-2014 montrant ses progrès.

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20 Juin 2017

Le suivi d’Ibrahim est facile et sérieux car son père et lui nous téléphonent très régulièrement. Son aisance à parler un français châtié va croissant, et il est toujours « premier de la classe » (malgré sa maladie, le petit garçon illettré que nous avons accueilli en 2012 a bien changé!).

L’adolescent est sujet régulièrement à des accès paludéens, mais il vient aussitôt en consultation.

Ibrahim-19-02-2017

 

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OUMAR

Oumar et sa grand-mère en consultation à Bamako

Oumar MARIKO a 8 ans. Il est aussi souriant que turbulent. Il habite près de Kayes où son père est instituteur dans un petit village ; il a une sœur plus âgée et un frère. Quand il vient se faire soigner à Bamako, l’enfant vit chez sa grand-mère, Kadidjatou DIALLO, femme énergique, au verbe haut.

Après avoir, en 2008, reçu une brique pleine sur le ventre, Oumar souffrait d’une sténose de l’urètre, entrainant également une dysurie totale. Lui aussi, avait été opéré 5 fois vainement, et était sondé en permanence. De plus, il se plaignait de fortes douleurs.

Oumar a également été opéré à Bamako pendant notre mission médicale, le 20 Mars 2012.Il a eu, lui, beaucoup de chance : après une cicatrisation au départ un peu longue, il a retrouvé durablement une fonction urinaire normale, et vit maintenant tout à fait librement, enfin débarrassé de toute sonde.

Pour prévenir toute récidive, Oumar est venu régulièrement à l’hôpital Gabriel Touré, pendant plus d’un an, faire des dilatations, réalisées par le Dr.Moumine Diarra, qui se sont progressivement espacées.

 Oumar et Ibrahim avec Dr. Coadou et Dr. Renault

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Août 2013

Le 1er Août 2013 19:51, Moumine DIARRA nous a écrit : « J'ai vu ce matin Oumar Mariko, et sa grand-mère, en consultation, qui va très bien. Ils veulent rentrer à Kayes. J'ai donné mon accord mais rendez-vous dans 6 mois pour une autre séance de dilatation. »

Et le 4 Août 2013 : « Oui voici Oumar que j'ai convoqué hier pour faire des photos. Vous voyez comment il a grandi, on dirait qu'on a mis un peu d'engrais dans sa tasse…Ce qui est très réconfortant c'est qu'il est devenu très heureux ! Il a comme surnom "Balotelli"  »

Oumar Oumar

 

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Août 2014

Oumar a la chance d’avoir une grand-mère qui habite à Bamako, et qui se charge très rigoureusement de la surveillance médicale de son petit-fils. Tous les semestres, il vient chez elle, le temps de la visite à l’Hôpital Gabriel Touré pour les contrôles et la séance de dilatation de l’urètre, par le Dr. Moumine Diarra. Oumar va très bien, et la photo prise lors de la consultation de Juillet dernier, montre combien il a grandi depuis notre mission de Mars 2012!

Oumar - juillet 2014